10 faits à retenir

Les 10 faits fondamentaux suivants sont utiles pour maintenir les hôpitaux et autres structures sanitaires à l’abri des catastrophes:

  1. De nombreux facteurs mettent les hôpitaux et les structures sanitaires en danger: bâtiments, patients, lits d’hôpital, personnel médical, équipement, et services de base et auxiliaires.

  2. Les éléments constitutifs d’un hôpital ou d’une structure sanitaire sont répartis selon deux catégories bien précises: éléments structurels et éléments non structurels.

  3. C’est l’effondrement fonctionnel et non pas les dégâts structurels qui constitue le facteur responsable du dysfonctionnement des hôpitaux en cas de catastrophe.

  4. Les hôpitaux et autres structures sanitaires peuvent être construits en tenant compte de différents niveaux de protection: sécurité des personnes, protection des investissements, et protection des opérations.

  5. Les dispositions permettant de  mettre les hôpitaux et autres structures sanitaires à l’abri des catastrophes ne sont pas onéreuses.

  6. Les hôpitaux de campagne ne sont pas nécessairement la meilleure solution pour compenser la perte des structures sanitaires.

  7. La recherche de l’expertise appropriée: un consultant en vérification.

  8. Les codes du bâtiment revêtent une importance capitale.

  9. La création d’hôpitaux sûrs suppose, autant que faire, une vision et un engagement parce qu’il s’agit effectivement-là de ressources.

  10. L’hôpital le plus coûteux est celui qui n’est pas jugé fonctionnel!

1. De nombreux facteurs mettent les hôpitaux et les structures sanitaires en danger:

  • Bâtiments: L’emplacement et les normes architecturales ainsi que la résistance des matériaux utilisés contribuent à l’aptitude des hôpitaux à résister aux chocs des sinistres naturels.

  • Patients: dans des conditions normales, les structures sanitaires sont occupées 24h sur 24 par une population déjà vulnérable et bon nombre font le plein de patients. En cas de catastrophe, les dégâts causés aux installations sanitaires accroissent inévitablement la vulnérabilité des patients ainsi que leur nombre. Dans une situation de sinistre, les dégâts causés aux composantes hospitalières augmentent cette  vulnérabilité:

  • Lits d’hôpital: Les catastrophes causent souvent la perte de lits d’hôpital aussi fréquemment qu’augmentent les besoins en termes de services d’urgence.

  • Personnel médical: La perte ou la non  disponibilité du personnel affecte la prise en charge des victimes. Le recrutement d’un personnel externe pour renforcer la capacité de réponse et accroître la charge économique.

  • Equipement: La destruction des équipements non structurels peut dépasser le coût de la structure elle-même. Même des dégâts moindres peuvent forcer un hôpital d’interrompre ses opérations.

  • Services de base et auxiliaires: Un hôpital a besoin, pour son bon fonctionnement, de services auxiliaires et de base tels que l’électricité, l’eau, l’assainissement, la  gestion et l’élimination des déchets. La perte de quelques-uns de ces services peut affecter l’ensemble de la structure sanitaire.

2. Les éléments constitutifs d’un hôpital ou d’une structure sanitaire sont répartis selon deux catégories bien précises:

  • Eléments structurels – ces éléments essentiels déterminent l’ensemble de la sécurité du système, tels les poutres, les colonnes, les dalles, les murs de soutènement, les armatures ou les fondations.

  • Eléments non structurels – ce sont tous les autres les éléments  permettant à la structure de fonctionner. Il s’agit d’éléments tels que les chauffe-eau ou les réservoirs d’eau, l’équipement mécanique, les étagères, les placards et les équipements auxiliaires. Pour ce qui concerne  les hôpitaux, environ 80% du coût total de la structure vont dans les composantes non structurelles.

3. C’est l’effondrement fonctionnel et non pas les dégâts structurels qui constitue le facteur responsable du dysfonctionnement des hôpitaux  en cas de catastrophe:

L’effondrement fonctionnel survient quand les éléments permettant à un hôpital de fonctionner au quotidien sont hors d’usage à cause de la surcharge du système. Il s’agit notamment : des bâtiments tels que les laboratoires ou les salles d’opération, des services médicaux et auxiliaires, des procédures administratives (contrats, approvisionnement, entretien de routine, etc.). Quoique les mesures nécessaires pour pallier un effondrement fonctionnel (à l’instar de la planification d’urgence, une meilleure organisation et une formation du personnel adéquate) requièrent un investissement relativement modeste, elles représentent néanmoins un défi majeur.

4. Les hôpitaux et autres structures sanitaires peuvent être construits en tenant compte de différents niveaux de protection:

  • Sécurité des personnes: c’est le niveau minimum de protection et c’est aussi la norme la plus communément utilisée dans la construction des structures hospitalières.

  • Protection des investissements: c’est le niveau conçu pour protéger tout ou une partie des infrastructures et des équipements, bien que la structure elle-même devienne inopérante. Ce niveau de protection veille à ce que la structure redevienne opérationnelle dans un délai et à des coûts raisonnables.

  • Protection des opérations: c’est le niveau le plus coûteux qui concerne la protection des personnes et des investissements mais vise également à pérenniser le fonctionnement de la structure après la catastrophe.

5. Les dispositions permettant de  mettre les hôpitaux et autres structures sanitaires à l’abri des catastrophes ne sont pas onéreuses

La construction d’un hôpital requiert un important investissement en termes de capitaux. Dans le cahier des charges, il faut inclure à la fois, le coût de construction de la structure elle-même et ceux relatifs aux éléments non structurels (les éléments non structurels représentent environ 80% du coût total). On suppose que l’incorporation des mesures d’atténuation de l’impact des catastrophes dans la conception  et les normes de construction d’un  nouvel hôpital représenterait moins de 4% du total de l’investissement initial.

6. Les hôpitaux de campagne ne sont pas nécessairement la meilleure solution pour compenser la perte des structures sanitaires

Les hôpitaux de campagne ont été utilisés avec succès dans des situations complexes de catastrophe (guerres et conflits civils), mais l’expérience au lendemain des catastrophes naturelles dans les pays en développement a montré que ces approches extrêmement onéreuses donnent peu satisfaction en termes de rentabilité.

7. La recherche de l’expertise appropriée: un consultant en vérification

Un “consultant en vérification” est un expert indépendant qui au nom du client, s’assure que les  normes et les spécifications techniques sont respectées. Les consultants en vérification peuvent être recrutés pour surveiller les travaux de construction d’un ouvrage. Toutefois, leur profonde connaissance des normes du bâtiment et des mesures d’atténuation des aléas naturels peut s’avérer particulièrement pertinente et permettre de garantir la sécurité des structures importantes comme les hôpitaux.

8. Les codes du bâtiment revêtent une importance capitale

Une des références antérieures à l’importance des codes du bâtiment se retrouve dans le code de Hammourabi: 232: “… il [l’entrepreneur] devra prévoir une indemnisation pour toutes les pertes subies au titre de la maison qu’il n’a pas construite correctement et qui s’est effondrée. Il a le devoir de reconstruire ladite maison à partir de ses propres moyens.”

9. La création d’hôpitaux sûrs suppose, autant que faire, une vision et un engagement parce qu’il s’agit effectivement-là de ressources

La responsabilité de créer des hôpitaux sûrs doit incomber collectivement à plusieurs secteurs: la planification, les finances, les travaux publics, l’urbanisme et le secteur de la santé. La  volonté politique nécessaire qui sous-tend tout ceci, doit s’harmoniser avec les connaissances déjà existantes.

10. L’hôpital le plus coûteux est celui qui n’est pas jugé fonctionnel!